La Nativité

 

 

Dans un environnement majestueux, bien loin de l'humble étable évoquée dans l'Evangile de Saint Luc, la composition met en scène la Vierge Marie, à droite, agenouillée, les mains jointes, en adoration devant son enfant déposé dans une mangeoire dont on aperçoit la paille sous un linge immaculé (qui est ici une évocation symbolique du futur linceul dans lequel reposera ce même Jésus avant sa Résurrection). Fidèle à la tradition iconographique, l'artiste représente Joseph en retrait, proche d'une imposante colonne qui se dissout dans la nuée céleste.

 

De cette nuée jaillissent des putti, chérubins ailés, caractéristiques des représentations baroques. Faisant pendant à Marie, l'imposante et gracieuse figure d'un ange, vêtu d'une tunique verte satinée et enrobé dans un manteau violet aux plis mouillés et aux reflets soyeux, est placée au premier plan à gauche, mettant en valeur l'effet de perspective, lui-même accentué par la présence d'un clair-obscur. Les effets de lumière dorée mettent en valeur l'Enfant Jésus, "Lumière né de la Lumière" comme nous le disons dans le "Credo". 

 

Le contraste entre la majesté de certains éléments d'architecture et la ruine d'autres composants (comme les poutres de bois) mettent en valeur le symbole du monde ancien et païen qui devient caduque et ainsi voué à sa ruine avec la naissance du Fils de Dieu.

 

Outre le linge blanc, les deux morceaux de bois, sur le sol au premier plan, sont une évocation de la Passion. Ils forment une croix, instrument de supplice mais surtout de Salut, indissociable de l'Incarnation : la naissance du Sauveur doit toujours être envisagée dans la perspective du don total de Jésus.

 

Un document d'archive du XIXème siècle indique que cette oeuvre est une copie d'un tableau ayant appartenu au cardinal de Richelieu. Le style est typique des oeuvres françaises, plus particulièrement du courant baroque des années 1650. Certains spécialistes y voient des ressemblances avec la touche de Lubin Baugin (1612-1663)

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