Le mobilier

Les Fonts Baptismaux

Le baptistère de cette église, comme dans de nombreux autres lieux de culte catholique, se trouve à l’entrée de l’édifice. En effet, dans les premiers temps de l’Eglise, ceux qui n’étaient pas baptisés ne pouvaient entrer : pour cela, il fallait être initié, avoir reçu les sacrements de l’initiation (baptême, confirmation, eucharistie). Les catéchumènes qui se préparaient à recevoir ce sacrement, entraient pour assister uniquement à la liturgie de la parole et écouter un enseignement pour mieux connaître Dieu et le Christ. Jusqu’à la Renaissance, les catéchumènes étaient baptisés dans des baptistères, bâtiments construits à l’extérieur des cathédrales. Ce souvenir perdure dans la disposition de la cuve baptismale puisque avant d’être baptisé, l’enfant ne fait pas encore partie de l’Eglise, peuple de Dieu.
 
Baptême vient du grec baptizein qui veut dire « immerger, plonger ». Un texte de 380, les Constitutions apostoliques, rappelle que « l’immersion est la participation à la mort et la sortie de l’eau la participation à la résurrection. » Ici, les fonts baptismaux (du latin fons, source) présentent une originalité évidente et répondent à une symbolique précise. La double vasque de porphyre, de style empire, est soutenue par trois pieds (3 étant le chiffre symbolique de la Trinité « Je te baptise au Nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit » dit le prêtre). Sur chaque face figure la représentation d’un flambeau (la lumière divine, feu d’amour qui ne s’éteint jamais). Au centre, sous la vasque centrale qui recueille l’eau, un serpent (symbole du Mal) s’enroule autour d’une colonne (qui correspond au conduit d’évacuation de l’eau). Il tient dans sa gueule le fruit tentateur de la désobéissance. Le Christ, nouvel Adam, nous libère du péché. Ces fonts baptismaux s’inscrivent dans un cercle de marbre blanc (le cercle est le symbole de l’infini et de la perfection de Dieu) qui est placé au centre d’un octogone délimité par une marche (8 étant le chiffre symbolique de la Résurrection).
 
Par le baptême, nous sommes appelés à ressusciter à la suite du Christ. La Résurrection est également évoquée par le Cierge Pascal, placé à côté de la cuve baptismale. En effet, il est préparé dans la nuit de Pâques, lors de la célébration nocturne de la Vigile Pascale, et sa flamme nous rappelle que de l’obscurité du tombeau du Christ jaillit la lumière de la vie éternelle : le Ressuscité est vainqueur du Mal et de la Mort.

 

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La Chaire à prêcher - XIXème siècle

Ce meuble qui a la forme d’une tribune enclose par un garde-corps est destiné à la prédication des clercs. La chaire à prêcher comporte un escalier, un dorsal et un abat-voix qui, comme son nom l’indique, permet de répercuter la voix du prédicateur vers l’assemblée. Le décor est en lien avec les thèmes généralement abordés dans une homélie.
 
Sur le dorsal, face à nous, un beau médaillon représente le visage du Christ (c’est en son nom que le prédicateur s’adresse aux fidèles). Le peuple chrétien reçoit un enseignement (comme le figure la trompette de l’ange au sommet de l’abat-voix). L’annonce de la Bonne Nouvelle est basée sur les Evangiles. C’est pourquoi, chaque face du garde corps évoque un évangéliste accompagné de son symbole (Ez 1,1-28 ; Ap 4,1-11) : Matthieu et un ange (la forme humaine renvoyant à la généalogie des ancêtres de Jésus qui débute son évangile – Mt 1, 1-18).Marc et le lion (son évangile commence par la prédication de Jean-Baptiste qui annonce la venue du Messie avec la force du lion qui rugit dans le désert – Mc 1, 1-8) Luc et un taureau (puisqu’il parle du Temple de Jérusalem où cet animal était sacrifié)Jean accompagné d’un aigle (l’évangéliste scrutant le mystère divin sans en être aveuglé, comme l’aigle vole haut dans le ciel, face au soleil, sans être ébloui).
 
D’autres symboles sont répartis sur les trois faces de l’abat-voix. Au centre, face à nous, deux ancres de marine s’entrecroisent. Depuis les premiers temps chrétiens, l’ancre est l’emblème de la confiance en Dieu, d’autant plus que l’épître aux Hébreux utilise cette métaphore : « Dans l’espérance qui nous st proposée, nous avons comme une ancre de l’âme, sûre et ferme, et qui pénètre par-delà le rideau du Temple, là où Jésus est entré pour nous en précurseur… » (He 6,19). Ici, le cadavre d’un serpent (évocation des attaques du Mal) vient s’y enrouler, alors que jaillissent un sarment de vigne et un épi de blé, symboles de l’Eucharistie. L’ensemble est surmonté d’une petite gloire : de ses rayons jaillit un triangle (image de la Sainte Trinité). A gauche, un calice surmonté d’une hostie, repose contre les tables de la Loi, les Evangiles et deux crucifix. Sur l’un d’eux, nous retrouvons le serpent vaincu. A droite nous est présentée une évocation de l’amour divin miséricordieux à travers le Sacré-Cœur de Jésus (tel que le décrivit sainte Marguerite-Marie après ses visions de Paray-le-Monial) d’où jaillissent deux rameaux de feuillages, de fleurs et de grenades éclatées, ce fruit représentant l’Eglise (ecclésia – communauté des croyants). La grenade peut aussi symboliser la prêtrise (elle porte des fruits riches dans sa peau dure) ou le Christ lui-même (les plaies de la Passion).


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