Sainte-Marie

Beaumont s/ Grosne

 

 

 

Depuis fort longtemps le village de Beaumont a accueilli un sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Cette humble chapelle devint un lieu vers lequel affluèrent de nombreux pèlerins et fut ensuite rattachée à l'abbaye de Cluny.

 

la célèbre abbaye bénédictine érigea un prieuré à côté de l'église. Vivait dans ce priueré, sous l'abbatiat de l'abbé Hugues, un religieux du nom de Gérard. Au retour d'un voyage qu'il fit à Rome, il fut attaqué par des voleurs, dépouillé de tout et conduit au coeur d'une région ontagneuse où il fut enfermé dans une tour d'où, après beaucoup de souffrances, il parvint à s'évader. 

 

Retiré à Beaumont, "c'était là, raconte l'abbé Pierre le Vénérable dans son Livre des Miracles, et vers le temps de Noël, que notre vénérable Gérard s'appliquait à l'étude. Le jour de la fête de la Circoncision du Seigneur, après avoir célébré dévotement l'office de la nuit, il se proposait de célébrer celui du jour avec plus de ferveur. Encore revêtu des habits sacerdotaux, et l'âme pénétrée d'amour et de foi, il s'avance à l'autel pour offrir l'auguste sacrifice. Après avoir achevé la prière du Canon, prononcé les paroles divines et changé 

la substance du vin et du pain au sang et au corps de Jésus-Christ, il tourna un peu, avant l'Oraison dominicale, les yeux vers les saintes Espèces. Alors, il ne vit plus la formule du pain qu'il avait placé sur l'autel, mais à s place un petit enfant qui lui tendait les bras. Effrayé et troublé par cette vision, Gérard admirait en tremblant ce spectacle extraordinaire et céleste... Pendant qu'il considérait ce prodige, jetant les yeux sur l'un des côtés de l'autel, il vit une femme d'une beauté parfaite. C'était la bienheureuse Vierge, mère de ce divin enfant qu'elle regardait avec regret et en même temps avec la tendre sollicitude d'une mère. A côté d'elle était un ange, assistant avec Marie à l'auguste sacrifice. Je ne puis redire, et Gérard lui-même n'a pu exprimer quelle joie, quel trouble, quelle sainte frayeur il éprouvait alors, ni avec quels transports son coeur et sa chair tressaillaient en présence du Dieu vivant, mais souvent, il m'a rappelé les paroles que lui adressa cet ange : "Pourquoi vous étonner, lui dit-il. Cet enfant vous voyez gouverne le Ciel et la Terre !" Ensuite, la vision disparut. Gérard ne vit plus sur l'autel que les saintes espèces et il acheva le sacrifice en se nourrissant de ce même corps qu'il avait mérité de voir de ses propres yeux".

Le Portail

 

 

 

L'humble mais néanmoins délicat portail roman de l'église est en plein cintre, sans tympan mais avec un arc retombant sur des pieds-droits. Son archivolte, ornée d'un rang de feuilles d'acanthes, retombe sur deux tailloirs ornés de billettes formant un damier, soutenus par deux chapiteaux reposant sur de fines colonnes. Les chapiteaux sont ornés de personnages et d'animaux.

 

Les détails de ce portail comportent de nombreuses traces de polychromie qui donnent une idée de l'éclat coloré de ces éléments décoratifs.

 

 

 

Le Choeur

 

Primitivement de plan basilical avec une voûte en plein cintre, deux collatéraux et une abside semi-circulaire, l'église fut incendiée pendant les guerres de religion. On remplaça les voûtes par une charpente lambrisée et l'on fit probablement disparaître, à cette époque, les piliers devenus inutiles et l'on édifia le choeur gothique à chevet plat.

 

Cet espace est éclairé par une grande verrière à meneaux ornée d'un vitrail du XIXème siècle représentant la Vierge couronnée portant son Enfant entourée de sainte Anne et de saint Joseph. La clef de voûte présente le Christ en gloire, assis sur un arc en ciel et entouré d'anges musiciens. 

 

Une pierre tombale circulaire (la défunte est donc inhumée debout) porte l'inscription gravée autour d'un écusson : "Cy-gist Regnée de Préfontaine, fille de Jehan de Préfontaine et de Ctherine de Tavannes, dame de Varchamps, de la Coulonne et de Beaumont en partie, laquelle mourut en septembre 1527".

Les fonts baptismaux ont été réalisés a partir des vestiges d'un monument funéraire de René d'amoncourt, abbé de La Ferté au XVIème siècle. Le pilier hexagonal est garni d'un double rang de niches dans lesquelles étaient placées des statuettes en haut-relief représentant des personnages tenant des phylactères.

 

Sur la paroi, une gloire de stuc met en scène la colombe de l'Esprit-Saint jaillissant des nuées célestes avec trois anges polychromes.

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