Le Repas chez Simon

 

 

 

A travers cette composition en frise, de facture classique et quelque peu antiquisante, permettant au spectateur de voir chaque protagoniste, nous distinguons l'hôte de Jésus, Simon, au riches vêtements, à gauche, qui s'adresse au Christ qui a pris place à l'autre extrémité de la table. Au premier plan, sur le sol carrelé, la femme pècheresse essuie de ses cheveux les pieds du Seigneur qu'elle vient d'oindre de parfum.

 

Que nous dit le texte évangélique : "Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. » Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. » Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? » Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds. Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. » Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »" (Lc 7, 36-50).

 

 


Au second plan, les invités, attablés ou debouts, commentent la scène. La variété des expressions et des attitudes montrent que la discussion est animée. Les positions, les gestes et les regards suivent des lignes obliques qui indiquent les désaccords entre eux.

 

Nous pouvons distinguer deux groupes : les amis de Simon, coiffés comme ce dernier d'un turban présentant une inscription hébraïque et les disciples de Jésus, nus-tête.

 

Derrière ce groupe, un mur clôt la perspective. Il s'agit d'une élévation qui reprend des éléments antiques comme les pilastres surmontés de chapiteaux ioniques. Les niches abritent des statues, dont celle de Moïse qui se situe entre le Christ et l'un de ses disciples.

 

La vivacité de la composition et du style est renforcée par un chromatisme où prédomine la couleur rouge. Le goût des détails (l'argenterie, les vêtements, les physionomies) font penser à un artiste ayant été en contact avec les Ecoles du Nord et de Venise.

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